Publié le 21 juillet 2026
Entrer dans la vie active ne signifie plus renoncer définitivement aux études. D’après le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), un jeune diplômé sur cinq en 2017 a obtenu un nouveau diplôme ou un titre professionnel dans les six ans après sa sortie de formation initiale.
Ce que révèle l’étude du Céreq : des parcours de plus en plus flexibles
L’étude du Céreq publiée en mai 2026 montre une tendance claire : le niveau de diplôme des jeunes ne cesse de progresser après leur sortie de formation initiale. En six ans, la part de diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 47 % à 51 %. À l’inverse, la proportion de non-diplômés du secondaire diminue, passant de 12 % à 9 %. Ces données révèlent une réduction des échecs scolaires initiaux, mais aussi une volonté croissante de se former tout au long de la vie active.
Les reprises d’études concernent surtout trois profils :
- ceux qui n’ont pas obtenu leur diplôme initial
- ceux dont la formation n’était pas conçue pour s’intégrer dans la vie professionnelle
- ceux qui ont été contraints d’arrêter leur formation pour des raisons personnelles
Parmi eux, les non-diplômés du supérieur (26 %) et les sortants de licences littéraires (24 %) sont les plus nombreux à se réengager. Ce sont souvent des femmes, issues de milieux favorisés. À l’inverse, les diplômés d’écoles de commerce (7 %) ou d’ingénieurs (5 %) – dont les débouchés sont plus assurés – sont les moins enclins à retourner en formation.
Parmi ces reprises d’études, 60% sont des réorientations, dont 35% représentent une réorientation avec progression de niveau.
Les effets sur l’insertion professionnelle varient selon les profils :
- 14 % des jeunes seulement restent dans le même emploi
- 32 % ont changé d’emploi
- 25 % obtiennent un emploi alors qu’ils n’en avaient pas
- 11 % passent d’une situation d’emploi à du non-emploi (recherche d’emploi, formation ou autre situation)
- 18 % restent dans une situation de non-emploi
Ces écarts soulignent que la reprise d’études n’apparaît pas comme une solution miracle, mais comme un levier qui dépend du contexte initial et des logiques individuelles.
Le rôle du Passeport de compétences dans la reprise d’étude
Le Passeport de compétences est un très bon outil pour permettre aux jeunes en reprise d’étude de mieux s’orienter en identifiant leurs acquis et les compétences à développer pour construire un projet professionnel durable. Face à la diversité des parcours et des logiques conduisant à la reprise d’étude, ce dispositif permet un état des lieux complet des compétences acquises favorisant la construction d’un projet cohérent et la communication auprès des employeurs ou des organismes de formation.
Par ailleurs, le Passeport contribue à réduire certaines inégalités d’accès aux formations en clarifiant les compétences déjà maîtrisées, y compris celles issues de leurs engagements personnels. En prenant en compte non seulement les diplômes obtenus mais aussi les certifications complémentaires et les expériences diverses, le Passeport de compétences participe à une meilleure reconnaissance des parcours non linéaires.
Il constitue ainsi un levier important pour accompagner la montée en qualification progressive des jeunes et pour favoriser leur insertion professionnelle durable. Cette clarification peut également favoriser l’accès à des dispositifs adaptés, comme la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).